Press & Books

Book: Portrait of Africa
Language: Russian, English.
2012 - State Russian Museum St. Petersburg, Museum Ludvig

Coup de cœur pour Anton Lalyn.

La White Moon Gallery a décidé d'élargir ponctuellement ses activités et de soutenir de jeunes artistes en leur offrant le temps d'un accrochage, l'espace et les cimaises de la galerie. Pour ce premier rendez-vous “coup de cœur”, nous vous proposons de découvrir le travail exceptionnel du jeune photographe russe Anton Lalyn, dont les œuvres ont récemment fait l'objet d'une importante rétrospective au Musée Russe de Saint-Pétersbourg. Cette première exposition muséale accompagnée de la publication d'un livre d'art a rencontré un très vif succès tant auprès de la critique que du public et des collectionneurs.

Anton Lalyn est un aventurier. C'est un artiste profondément humain ; une personnalité chaleureuse et débonnaire derrière laquelle se cache un homme passionné chez qui le courage le dispute au détachement. Tout son travail est là pour nous rappeler la puissance et la beauté de la nature. Il passe des mois entiers à sillonner les territoires les plus sauvages de l'Afrique pour aller à la rencontre de ses deux sujets de prédilection : les ciels immenses au dessus de la savane et les animaux qui y vivent. Précisons-le ici d'emblée, pas une seule photo de l'artiste ne peut être confondue avec ces clichés aseptisés et cette beauté frelatée qui font les paysages de carte postale. Devant ces tirages en noir & blanc ou de couleur sépia, nous sommes confrontés à des moments de silence, de mystère et d'intimité avec la vie sauvage ; des moments où ce n'est pas le regard du photographe qui transperce son sujet, mais bien celui de l'animal qui semble parfois plonger en nous et nous observer.

Il n'y a pas d'artifice, pas de barrière. Comme le souligne avec justesse le photographe Greg Gorman : “chaque image est vraie et sûre”. Le cadre et la composition sont d'un classicisme sobre. Si la lumière est parfois dramatique, elle reste toujours naturelle. Les arrières-plans peuvent s'estomper ou au contraire se faire révélateur d'infimes détails délicats. Tantôt Anton s'approche de son sujet jusqu'à pouvoir le toucher, tantôt il s'en tient éloigné, comme s'il désirait saisir l'entièreté du monde où vivent ces créatures extraordinaires : un couple de lions dans une plaine immense, un zèbre s'abreuvant à un point d'eau, une hyène solitaire, un éléphant et sa progéniture, une famille de rhinocéros blancs… Anton Lalyn semble avoir reçu de la nature elle-même la permission de la photographier ; comme si elle s'offrait à lui, en dévoilant toutes ses richesses, toutes ses beautés.

David Rosenberg, Paris 2012